Ah décidément, l’Etat est très attaché au patrimoine local !

 

Entre l’UNESCO, la sécurité des phoques, les fouilles archéologiques dans le barachois, et la découverte de lieux culturels atypiques…, y’a pas à dire, le représentant de l’État se passionne pour notre patrimoine, il est effectivement pleinement investi pour le préserver.

Après l’épisode « munition non explosé » dans le barachois, après avoir fait réduire la taille du projet quai des ferries à Saint-Pierre (considéré comme gigantesque), l’Etat a trouvé une nouvelle idée pour retarder la réalisation des travaux dont la population a besoin et en attendant qu’un préfigurateur portuaire nous apprenne à le faire.

Nous allons donc maintenant subir une nouvelle illumination : des fouilles archéologiques dans les résidus de matière fécales des habitants de Saint-Pierre.

 


Cherche-il la vaisselle sale du Sao Paulo ?
L’Etat souhaite-t-il rapporter dans ses valises une pipe en terre comme trophée de ses années à Saint-Pierre et Miquelon ?

 

En attendant, on souhaite bien du courage aux agents qui auront la charge de remuer ces sédiments. L’Etat va-t-il au passage en profiter pour capturer et relocaliser les phoques présents dans le barachois ? L’Etat va-t-il prévoir un plan de protection des kiris sur l’île au massacre pour les préserver de l’impact de travaux portuaires imminents ? Combien tout ceci coûtera-t-il encore ?

Remarque : ce ne sera peut-être pas nécessaire, à force de remuer la « merde », les animaux et peut être même les crabes verts, sentiront d’eux-mêmes qu’il faut quitter le navire.

 

À l’image de certains hauts fonctionnaires, qui après avoir lancé plein d’idées saugrenues et accablé les habitants de l’archipel par leurs méthodes sans queue ni tête, quittent le territoire sans regarder la pagaille laissée derrière eux.

C’est insuffisant ! l’État se doit d’accompagner les collectivités dans l’aboutissement de leurs projets, au même titre que l’État dans ses « grand projets ».

Vous pouvez le voir ICI

Il est indiscutable qu’une grande partie de ce qui sort de « La Maison des projets » est cofinancé par la Collectivité Territoriale ainsi que par ses contribuables, c’est donc tout à fait normal qu’on puisse se les approprier.

Pourtant certains travaux indispensables peinent à obtenir la considération nécessaire. Il ne doit pas y avoir deux camps, l’État doit s’unir aux projets portés par le territoire. Cette guerre à laquelle nous assistons, sous couvert d’un Etat qui se veut Républicain, n’a aucun intérêt.

Hormis les « grands projets » tape à l’œil tel que le schéma territorial de l’éolien, l’internat de la réussite, les travaux de la digue aux moules, ou encore le quai de croisière, manifestement l’Etat n’a pas rencontré de difficulté particulière dans la constitution des dossiers et ceux à venir. On s’interroge sur les conclusions des enquêtes environnementales qui ont été menées de leur côté. Les résultats pourraient-ils être dévoilés à la population par soucis de transparence ?

 

Et Miquelon dans tout ça ? La protection du littoral et du village, les travaux du port, l’ensablement du goulet, le bitumage de la route Miquelon-Langlade ? Ne serait-il pas plus utile de dépenser ces sommes dans des actions concrètes et nécessaires ? Doit-on prévoir des fouilles sur la dune avant le bitumage aussi ?

On en parlait en 2018 déjà :

 

 

Ce que la Ministre des Outre-Mer avait promis ICI

 

 

 

 

 

 

Veulent-ils nous faire croire qu’à l’emplacement du quai de croisière il n’y ait aucun objet issu de notre patrimoine maritime ? l’État nous pense-t-il assez idiot pour croire qu’il n’y a rien à dépolluer du côté de la route du cap ? Déconstruction de la centrale EDF à St-Pierre

Rien ne justifie un tel acharnement dans le dossier quai des ferries, comme dans les autres dossiers d’ailleurs. Se sont tous des choix assumés et sur lesquels la population a donné une large majorité en mars 2017 à Archipel Demain. À cause de l’État, le montant de la facture ne cesse d’augmenter, les études d’experts restent dans les placards et les travaux ne sont pas prêt de commencer.

http://www.archipeldemain.com/quai-dinterpeche-letat-ne-nous-a-pas-ecoute/

L’archipel mérite mieux. Nous connaissons et pratiquons notre territoire. Les priorités de l’Etat doivent s’adaptées à l’urgence de notre situation.

Soyons réalistes, les 15 navires de croisière qui ne sont même pas encore programmés (crise sanitaire oblige) ne sont pas aussi nécessaires que la desserte inter-île.

Les réflexions de l’État doivent s’orienter davantage vers l’intérêt général des résidents en prenant en compte notre bassin régional. Surtout après cette année 2020, particulièrement difficile. Nous ne sommes pas des autochtones sans voix.

Nous ne nous laissons pas démolir gratuitement par ceux qui iront se complaire dans d’autres Outre-Mer pour des « réussites » professionnelles … sans assumer les choix d’aujourd’hui.